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Historique de la Livraison Par Air

La naissance de la livraison par air (LPA) est liée à celle de l'aviation de combat. Son développement est allé de pair avec celui du Transport aérien militaire. Dès la Grande Guerre, “L'Illustration” rapporte le 8 août 1918 : “Au cours de la bataille actuelle, deux ravitaillements de troupes encerclées ont été effectués avec succès. Notamment, près de Pourcy, entre Reims et Épernay, un bataillon a reçu deux cents boules de pain, des quantités de biscuit et plus de 250 boites de singe. Le lendemain des cartouches étaient jointes aux envois.” Le 12 novembre le même journal écrit “En plusieurs points du front, l'aviation s'est chargée d'effectuer le ravitaillement d'éléments avancés. Nos équipages firent parvenir deux tonnes de vivre le 20 octobre, plus de cinq tonnes le 3 novembre.” Ce fut ensuite un long sommeil, les armées françaises montrant très peu d'intérêt pour les unités parachutistes et pas du tout pour la LPA. Le réveil vint pendant la deuxième guerre mondiale, quand les alliés utilisèrent largement cette forme de ravitaillement au profit de nos maquis et des commandos. Dans les derniers soubresauts de cette guerre, en Extrême Orient, des commandos français furent ravitaillés par une petite équipe de conditionneurs, de plieurs et de largueurs personnel et matériel. Bien qu'anecdotique par la faiblesse des effectifs (quelques hommes), ce petit groupe préfigure – à l'état embryonnaire – la configuration devenue classique des bases aéroportées (BAP) dont on peut estimer qu'il s'agit là de l'acte de naissance. En effet, le ravitaillement par air au profit d'unités de "longues capotes" peut être confié à des détachements de LPA ( DLA). En revanche le soutien des opérations aéroportées ne peut être assuré que par une base aéroportée apte à assurer : - la maintenance des matériels de parachutage et de largage - le largage des personnels à l'instruction, à l'entraînement et en opération - le largage des matériels lourds et des ravitaillements par des unités de LPA intégrées organiquement, adaptées ou juxtaposées à la BAP. C'est encore le cas au 1 er RTP. À partir de 1945 nous allons rencontrer les 2 cas de figures : LPA pure en France et en Algérie, LPA et BAP en Indochine et en Algérie.

Les Précurseurs

Le STUP

Dès l'engagement en Indochine de la Demi-brigade Coloniale de Commandos Parachutistes SAS est créé début 1946 le STUP (Section Technique des Unités Parachutistes), qui assure les missions suivantes - stocker et entretenir des matériels permettant le parachutage des personnels et des ravitaillements - instruire et entraîner les personnels des troupes aéroportées, assurer la préparation technique de leur parachutage, - assurer le ravitaillement par air des troupes du territoire. En 1947 ce STUP s'articule en 4 détachements à Saigon, Tourane, Vientiane et Hanoï.

La SPIN.

À l'arrivée au Tonkin de la Demi-brigade de Marche Parachutiste, en février 1948, est créée une SPIN (Section de parachutage d'Indochine du Nord), à laquelle le détachement de Hanoi du STUP fournit des personnels plieurs et livreurs par air.

La CRA TFIN

À l'arrivée du Groupement Léger Parachutiste, en octobre 1948, est créée au sein de ce groupement la Compagnie de Ravitaillement par Air des Troupes Françaises d'Indochine du Nord (CRATFIN), dont les personnels proviennent du peloton de ravitaillement par air de la Compagnie de Commandement de ce groupement, de la SPIN et du STUP.

Les unités de Livraison par Air autonomes

En 1945 commença en France l'entraînement d'unités spécialisées mais la décision de créer une CRA (compagnie de ravitaillement par air) remonte à 1946. Le 1er juillet 1947, la 1ère compagnie du GT 504 devient, par changement d'appellation, la CRA1 du G.T. 504 au sein de la Base 901. À l'effectif de 121 hommes, elle se compose de : une section de Commandement, une section de Pliage de parachutes, une section d'Emballage une section de Ravitaillement par Air Le même mois les premiers largages sont effectués sur le terrain de Strasbourg-Entzheim à partir de 2 Junkers 52. Le 16 décembre 1947, après la dissolution du G.T. 504 la 1° C.R.A. devient unité formant corps sans cesser d'appartenir à son arme d'origine, le Train Les personnels de la Compagnie sont initiés au ravitaillement par air par la 55 th. Quarter Master Aerial Supply Company (Q.M.S.C.). La compagnie forme des personnels qui s'illustrent en Indochine, au sein des C.R.A. 3, 4, 5, et 6. Plus tard, pendant les opérations d'AFN, le Centre d'Instruction du GLA1 fournira des personnels aux G.L.A 2 et 3 opérant en Algérie. En 1954, lors du changement d'appellation des CRA en CLA (compagnies de livraison par air), elle devient la CLA1. En 1956 la CLA1 est intégrée à l'élément de LPA de la "Force A" pour la campagne de Suez. Le 14 août elle est transportée à CHYPRE avec ses matériels de largage. Pendant six mois, elle assure la mission de base aéroportée des unités qui doivent sauter sur l'Egypte. Elle largue les matériels lourds (jeeps, canons, mortiers, munitions) et ravitaillements (rations, eau, essence). En 1959 elle fournit un appui LPA à l'expédition glaciologique du Groenland. En 1960, lors de la transformation des CLA en GLA (groupes de livraison par air), elle devient le GLA1. Stationné à MONTIGNY-LES-METZ (Quartier RAFFENEL) depuis le juillet 1960, le GLA1, à l'effectif de 320 hommes, se compose de un État-major, une Compagnie Technique et des Services, un Escadron de Largage et un Escadron d'Instruction. Le 1er juillet 1981 le GLA1 devient, par changement d'appellation, le RLA (Régiment de Livraison par Air). Il comporte - d'une part un Escadron de Commandement et des Services "E.C.S.", un Escadron de Soutien de Livraison par Air (ESLA), un Escadron de Livraison par Air (1°ELA) , un Escadron d'Instruction (2°ELA) tous aéroportés. - d'autre part un Escadron de Quartier Général "E.Q.G." et le Centre de Transit des Personnels et Matériels N° 1 de Strasbourg. Le RLA participe à de nombreuses missions et opérations extérieures : République Centre Africaine, Zaïre, Tunisie, Liban (au sein de la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban – F.I.N.U.L.), Tchad (opérations "Manta" et "Silure"). Le RLA a reçu l'héritage de toutes les unités de LPA, y compris du GLA3 – le seul titulaire de citations héritées des unités "3" d'Indochine – qui avait pourtant dans l'ELA/BOMAP un héritier direct par le sang. Ultérieurement, la dévolution au 1 er RTP du patrimoine du RLA fera bénéficier ce régiment des citations de la CRA3. Le RLA est dissous en 1997. Une grande part de ses personnels est affectée à la BOMAP, notamment pour former l'ELA2/BOMAP, qui est donc héritier par le sang des unités "1" et du RLA.

GLA 2 (de la CRA2 au GLA2)

Bien que la décision soit prise en août 1948, la CRA2 ne sera mise sur pied qu'en février 1949, à Hussein-Dey, près d'Alger. Dès 1949 elle participe aux grandes manœuvres de Tunisie. Elle s'installe ensuite à Sétif, puis à Blida. En 1957 elle est déployée avec le PC et un peloton à Blida et 3 DLA à Telergma, Oran et Colomb-Béchar pour assurer le ravitaillement des postes isolés de "longues capotes" de l'Algérie et du Sahara. Elle participe en 1959 à l'exercice Air Progress en Thaïlande et y largue une antenne chirurgicale. En 1960 elle devient, par changement d'appellation, le GLA2, en gardant les mêmes missions. Ce groupe sera dissous peu après à la fin de la guerre d'Algérie.

CRA 4

La CRA 4 est créée le 1er octobre 1953, à Tourane (Annam) ; elle est rattachée à la Base Aéroportée Sud (BAPS) Le 30 juin 1954, la C.R.A4 devient CLA4. Elle est dissoute le 31 janvier 1955

CLA 4/TDM

Le 1er octobre 1957, une Compagnie de Livraison par Air (C.L.A./A.O.F.) est créée à Thiès (AOF) sur la B.A.161. Mise à la CLA4disposition du Général Commandant la Zone d'Outre-Mer n° 1, elle est rattachée administrativement au 10 ème RIAOM, puis au 7 ème R.P.C. Sa mission est de ravitailler les Unités de la ZOM1 (AOF) en manoeuvres ou en opérations, notamment le 7 ème R.P.C. qui opère en Casamance et Mauritanie. Elle prend par la suite la dénomination 4ème CLAOM (1° décembre 1958), puis 4ème CLA/TDM (1er juillet 1961). Elle est dissoute le 31 décembre 1964 ; ses éléments servent à former la Section de Livraison par Air (SLA.) du 1 er RIAOM.

Unités de LPA integrées, adaptées, juxtaposées :

GLA3 (de la CRA/TFIN à la CRA3, au GLA3 et à l'ELA/BOMAP

Nous avons vu que l'arrivée en Indochine du Groupement Léger Aéroporté à conduit à la mise sur pied de la CRA/TFIN (Compagnie de Ravitaillement des Troupes Françaises d'Indochine du Nord) dont les personnels proviennent du peloton de ravitaillement par air de la Compagnie de Commandement du II/ 1RCP, de la SPIN et du STUP. Cette compagnie s'installe sur le terrain de Bach-Maï, près d'Hanoï (Base Aérienne 190) Elle comprend une section de Commandement, une section d'Entretien et de Pliage des Parachutes à Matériels (S.E.P.P.M.), une Section de Réception et Emballage (SRE) et une Section de Largage. Sous les appellations successives de CRAFTIN, CRA/BAPN (CRA de la Base Aéroportée Nord), CERA (Compagnie Étrangère de ravitaillement par air, incorporant des légionnaires, qui n'aura qu'une existence éphémère. CRA FTVN, CRA3, cette unité, intégrée organiquement, adaptée, en soutien ou juxtaposée à la BAPN (Base Aéroportée Nord), assura sa mission durant toute la guerre d'Indochine, à partir de Hanoï et de détachements extérieurs. D'un effectif de 150 puis 250 hommes (pendant les combats de Dien Bien Phu), elle compte un peloton de Commandement, un Bureau des Opérations, un Peloton Technique et un Peloton d'Arrimeurs Largueurs. La brillante conduite de ses personnels pendant les missions de parachutage largage sous le feu (notamment pendant les combats de Na Sam et de Dien Bien Phu) lui valut de recevoir 3 citations. La CLA 3 est dissoute le 31 janvier 1955. Elle est recréée le 16 février 1955 à partir d'effectifs de la CLA5 lors du retrait des troupes du Tonkin et rejoint Saïgon. Elle quitte l'Indochine le 28 septembre 1955. Arrivée à Alger le 23 octobre 1955 elle est dissoute le 1er décembre 1955 puis de nouveau recréée le 1er juillet 1957 à Blida, auprès de la BAPAFN (Base Aéroportée d'Afrique Française du Nord). Elle comporte un peloton de Commandement, deux pelotons de Livraison par Air, un peloton de Pliage et un peloton Auto Manutention. En 1960 la CLA3 deviendra GLA3 (Groupe de Livraison par Air). Au retour en Métropole, le GLA3 s'installera sur le site de Francazal. Il y sera dissous le 31 décembre 1964 mais ses personnels formeront le 1er janvier 1965 l'ELA/BOMAP (Escadron de Livraison par air de la Base Opérationnelle Mobile Aéroportée), sur le même site. L'ELA/BOMAP deviendra 1 er ELA/BOMAP à la création du 2 ème ELA/BOMAP, formé par les personnels du RLA dissous. Au changement d'appellation du Corps, il deviendra le 1 er ELA du RTP (Régiment du Train Parachutiste). De même que le 2 ème ELA/1 er RTP est l'héritier des CRA1, CLA1, GLA1 et RLA, le 1 er ELA est héritier direct par le sang des CRA/TFIN, CRA/BAPN, CERA, CLA3 et GLA3. Toutefois le commandement, qui à cette époque de grande revanche des cloportes nourrissait peu de tendresse pour les TAP, ne lui en transmit pas l'héritage glorieux.

CLA5

Le 1° janvier 1954 est créé au sein de la BAPN, pendant la bataille de Dien Bien Phu, la Compagnie de Ravitaillement par Air N°5, stationnée dans la zone d'Haiphong à CAT BI où elle reçoit le renfort d'éléments de la CRA4 . Le 16/02/1955 la CRA5, ramenée sans la zone de Saïgon, devient CRA3 par décision n° 187/EM/CEC.

CLA6

Le 1er février 1954 est créée au sein de la BAPS, pendant la bataille de Dien Bien Phu, la Compagnie de Ravitaillement par Air n° 6, stationnée à Bacquéo, assurant deux Détachements de Livraison par Air, l'un à Tourane, l'autre à Nha-Trang. Cette unité envoie en outre un renfort en personnel à la CRA 5 pour le ravitaillement par air du camp retranché de Dien Bien Phu. Elle sera dissoute le 20 juin 1954, et redevient la CLA5.

Les Bases Aéroportées d’Indochine

Création des Bases Aéroportées.

Dans le cadre de la réorganisation des Troupes aéroportées en Indochine, confiée dès 1948 au Colonel CHAVATTE, commandant les Troupes Aéroportées d'Indochine ( TAPI ), il est proposé un dispositif permettant à partir de deux bases principales, l'une au Nord à Hanoi, l'autre au Sud, à Saigon et d'une base annexe au centre, à Tourane, d'assurer avec plus de souplesse, de rapidité et d'efficacité l'engagement et le soutien des unités parachutistes de réserve générale, sur tout le territoire.. Ces propositions, approuvées par le commandement, aboutissent à la création, respectivement les 1er janvier et 1er février 1949 de la Base Aéroportée Sud (BAPS) à Saigon et de la Base Aéroportée Nord (BAPN) à Hanoi. A leur création, étant à effectif réduit, chaque base est formée d'une Compagnie de Commandement et des Services, CCBAPN et CCBAPS, compagnie formant corps à administration autonome, regroupant un Etat-major de Base et de différentes formations chargées du soutien technique. En outre sont rattachés : - à la BAPS le détachement de Tourane (Annam) et une compagnie de garde et d'instruction, - à la BAPN le détachement de Vientiane (Laos) et la CRA/TFIN, qui devient CRA de la BAPN en gardant une administration autonome. BAPN et BAPS deviennent unités formant corps respectivement les 1 ° avril 1950 et 1 ° juillet 1951. La BAPN comprend alors deux unités administratives élémentaires, outre l'État-major : -BAPN la Compagnie de Commandement et des Services, avec un Centre d'Entraînement au Saut, une Section Pliage, une Section Génie, une Section Transmissions, un Peloton Auto, - la Compagnie de Ravitaillement par Air, - le Détachement de Vientiane. La SAPS est également composée de deux compagnies élémentaires : - la Compagnie de Commandement et des Services, qui regroupe les éléments pliage et du centre de saut, ainsi qu'un détachement de ravitaillement par Air, - la Compagnie de garde et d'instruction, - le Détachement de Tourane (Annam).

Missions des Bases Aéroportées.

Opérationnelle, la Base Aéroportée est le support technique de toute opération aéroportée. Elle est mise à la disposition du commandant de cette opération. À ce titre : - elle fournit les parachutes et équipements divers, - elle organise sur le terrain d'envol l'embarquement des personnels des Bataillons parachutistes, en liaison avec le commandant de la Base Aérienne et de la formation de transport aérien. - elle fournit les personnels largueurs et éventuellement les personnels chargés de la récupération des parachutes, - elle conditionne et parachute les matériels et approvisionnements divers destinés à l'opération. Par ailleurs, elle assure avec la compagnie ou son détachement de ravitaillement par air, sur ordre du commandant du territoire, le ravitaillement par air de toutes les troupes de surface. En outre, la Base Aéroportée conduit l'instruction et l'entraînement au saut en parachute. Pour remplir ces missions les Bases disposent à Hanoi (Bac Mai) et Saïgon (camp de Bac Heo) d'installations techniques de stockage et pliage de parachutes, d'agrès d'entraînement au saut, et d'aires d'agencement destinées aux parachutistes en alerte.

Evolution des structures des Bases Aéroportées.

Les structures de chaque Base ont évolué en fonction des besoins opérationnels du territoire :

BASE AEROPORTEE NORD

le 1° juillet 1951, création de la Compagnie des Services Techniques et de la Compagnie de Garde et d'Appui, - le 1° novembre 1951, création de la compagnie d'appui, composée d'éléments du Génie et d'Artillerie, qui sera dissoute le 30 septembre 1952, - le 1° janvier 1954, création, pendant la bataille de Dien Bien Phu, d'une CRA supplémentaire, la Compagnie de Ravitaillement par Air N°5, stationnée dans la zone d'Haiphong à Cat Bi, qui sera dissoute le 30 juin 1954. La Compagnie de Ravitaillement par Air de la Base va voir ses effectifs s'accroitre de 150 à sa création jusqu'à 350 pendant la bataille de Dien Bien Phu (1954). Elle va également changer plusieurs fois de dénomination sans grande modification dans ses structures : De CRA/BAPN elle devient Compagnie Etrangère de Ravitaillement par Air (CERA), le 1er janvier 1951, composée en grande majorité de personnels de la Légion, pour redevenir CRA le 31 août 1951 en perdant son personnel Légion (voir le § 2.2.1. pour explication), puis le 30 septembre 1953, 3ème Compagnie de Ravitaillement par Air (CRA 3). Le 28 novembre 1953 est créée la 342ème Compagnie de Transmissions au sein de la BAPN. Le 1er juillet 1954 la CRA 3, qui devient Compagnie de Livraison par Air n° 3 formant corps, est enlevée à la BAPN pour être rattachée au Commandement des Troupes Aéroportées d'Indochine. Après un repli sur TOURANE en novembre 1954, la BAPN est dissoute le 31 décembre 1954.

BASE AÉROPORTÉE SUD.

La BAPS subit moins de modifications que la BAPN : - le 1er juillet 1954, création de la Compagnie Technique avec intégration du Centre d'Instruction des Troupes Aéroportées. - le 1er février 1954, création de la Compagnie de Ravitaillement par Air n° 6, unité élémentaire de la Base, stationnée à Bacquéo, assurant deux Détachements de Livraison par Air, l'un à Tourane, l'autre à Nha-Trang. En outre elle envoie un renfort en personnel à la CRA 5 pour le ravitaillement par air du camp retranché de Dien Bien Phu. Cette unité est dissoute le 20 juin 1954. Après la dissolution de la BAPN, la BAPS devient le 1er janvier 1955 la Base Aéroportée d'Extrême Orient (BAP/EO) à 4 unités élémentaires : - Compagnie de Commandement et des Services - Compagnie Technique et d'Instruction - 17ème compagnie du Génie - 342ème Compagnie de Transmissions Au fur et à mesure du départ des formations aéroportées, la Base se réduit à 2 compagnies, CCS et CT, pour être dissoute le 15 septembre 1955.

Activités des Bases Aéroportées

Durant 7 années, le STUP et les Bases aéroportées ont été étroitement associés à toutes les opérations, depuis le parachutage d'un commando, d'une section ou d'une compagnie à un ou plusieurs bataillons (exemple - 6 bataillons, soit 4265 parachutistes, largués du 20 au 23 novembre 1953 sur Dien Bien Phu, au cours de l'opération "CASTOR", puis 4297 parachutistes sautant du 14 mars au 05 mai 1954 pendant la bataille. Au total environ 150 opérations aéroportées, dont 5 de grande envergure avec un effectif supérieur à 1000 hommes, et une trentaine d'importance moyenne avec un effectif variant de 400 à 1000 hommes, le reste consistant en des raids offensifs ou des missions de dégagement de postes isolés assiégés par le Viet Minh. Les bases ont su devenir un outil efficace, totalement disponible, contribuant à la souplesse d'emploi des troupes aéroportées, augmentant avantageusement la rapidité de leur engagement et assurant le soutien au cours des opérations aéroportées. En outre elles ont participé à la formation des bataillons parachutistes vietnamiens en menant leur instruction au saut en parachute. Avec leurs unités de LPA organiques ou adaptées les bases ont assuré plusieurs dizaines de milliers de missions de parachutage et de largage, larguant ou droppant près de 200 000 tonnes de ravitaillement. La plus prestigieuse de leurs unités, la CRA 3, a exécuté 56 000 missions de parachutage en 127 000 heures de vol, larguant ou droppant 132 000 tonnes de ravitaillement. Au cours de ces missions elle a perdu 26 personnels tués, blessés ou disparus. Sa valeur sera reconnue par l'attribution de 3 citations à l'ordre du Corps d'armée. Par leur contact direct avec les équipages des groupes du transport aérien militaire - BÉARN, FRANCHE-COMTÉ, ANJOU – dans des missions accomplies en commun dans des conditions difficiles, les Bases Aéroportées d'Indochine ont renforcé les liens d'estime réciproque qui unissent parachutistes et aviateurs, ouvrant la voie à une coopération étroite qui ne s'est jamais démentie dans la suite. L'expérience et le savoir faire acquis au cours de sept années de combat sur ce théâtre d'opérations ont convaincu le commandement de la nécessité de compter désormais une base Aéroportée parmi les formations parachutistes.

La Base Aéroportée d'A.F.N (BAP/AFN)

Création et évolution des structures de la BAP/AFN.

En novembre 1954 débute la rébellion en Algérie. Le soutien technique des trois bataillons parachutistes de la 41 ème Demi-brigade Parachutiste (1 er Bon/1 er RCP - 3 ème Bon/1 er RCP – 3 ème BEP) est assurée par le Centre d'entraînement au saut n° 1 (CES n°1) et la 19 ème Section d'Entretien et de pliage des parachutes (19 ème SEPP) stationnés à Philippeville. En outre la 41 ème Demi-brigade dispose de la Compagnie de Livraison par air n° 2 (CLA 2), formant corps, implantée à Sétif. L'évolution de la situation conduit à renforcer les troupes aéroportées par l'envoi de métropole d'un Groupement de marche de la 25 ème DIAP et la création en juillet 1955 du Groupement parachutiste d'intervention. En septembre et octobre 1955, les Bataillons Parachutistes deviennent Régiments Parachutistes. Au cours de cette réorganisation, est mise sur pied, le 1 novembre 1955, à Philippeville, la Base Aéroportée d'Afrique du Nord (BAP/AFN), à partir d'éléments de la de la 41 ème Demi-Brigade. Elle comprend : - une Compagnie de Commandement et des Services avec un EM de Base, - le Centre d'entraînement au saut n° 1 - la 191 ème Section d'Entretien et de Pliage des parachutes, - une Compagnie d'Instruction. Les missions de ravitaillement par air continuent à être assurées par le GLA 2 qui fait mouvement sur Blida le 1 er juillet 1956. La BAP /AFN devient unité formant corps le 1 er juillet 1956 et comprend : - un État-major, - une Compagnie de Commandement et des Services, - une Compagnie de Réparation et d'Entretien des Parachutes, - un Centre d'Entraînement au Saut, - une Compagnie d'Instruction qui sera dissoute en septembre 1957. En octobre 1958 la Compagnie de Réparation et d'Entretien des Parachutes et le Centre d'Entraînement au Saut forment une seule compagnie élémentaire, la Compagnie Technique. En outre des formations TAP sont rattachées provisoirement à la BAP/AFN pour administration - du 1 er mai 1957 au 1 er octobre 1960 la 114 ème Compagnie de QG du Commandement des TAP en AFN, - du 1 er octobre 1960 au 5 janvier 1963 la Section Opérationnelle des TAP (SOTAP). En juin 1957 la Base rejoint l'Algérois, l'EM et la CCS sont implantés à Blida, la Section Pliage à Alger et le CES à Zéralda. Elle est totalement regroupée à Blida, dans le camp Michel Legrand, en 1958. La BAP/AFN est dissoute le 28 mai 1963. Ses effectifs entrent dans la composition du Détachement Aéroporté d'Algérie.

Activités.

Au cours des opérations en Algérie le binôme "avion-parachute" de la guerre d'Indochine est remplacé par l'hélicoptère pour la mise à terre des unités parachutistes. En effet la majorité des opérations de quelque importance comporte une phase héliportée. Pendant les années 1956-1957, seules six opérations aéroportées sont exécutées, d'environ deux compagnies chacune : Djeurf (frontière tunisienne) – Chellala (frontière marocaine) – Guentis (Ouarsenis) – Tamentout (Constantinois) – Douar Tamza (Aurès) – Timimoun (sahara) et en 1961 une opération à deux régiments dont un parachuté et un posé à Bizerte. Dans ce contexte la BAP/AFN est principalement mise à contribution pour maintenir l'aptitude à l'intervention aéroportée des formations des 10 ème et 25 ème Divisions Parachutiste, en organisant à leur profit des séances d'entraînement au saut de manœuvre pendant les périodes de remise en condition dans les cantonnements de base arrière. À ce titre elle a permis l'exécution de 465 000 sauts et son centre d'entraînement au saut a breveté 212 promotions. Par ailleurs, participant aux opérations de maintien de l'ordre, elle a assuré des missions de sécurité, des patrouilles, des embuscades dans la région de Blida et l'Atlas Blidéen. À noter la participation de sa section pliage, en janvier 1957, à la "Bataille d'Alger", dans le Quartier du Ruisseau.

La Base Opérationnelle Mobile Aéroportée (BOMAP)

Création et évolution des structures.

Les unités parachutistes ont quitté l'Algérie de fin 1961 à 1963 pour regagner la Métropole. Après plusieurs réorganisations elles s'implantent en majorité dans le Sud-Ouest au sein de la 11ème DLI. Leur soutien technique est assuré par un Détachement Léger de Base Aéroportée, appartenant à cette Division, et par la Base École des Troupes Aéroportées de PAU (BETAP). Dissoute en octobre 1963, la BETAP perd ses missions de base pour prendre la dénomination d' Ecole des Troupes Aéroportées (ETAP). Le 1° octobre 1963 est créée la Base Opérationnelle Mobile Aéroportée (BOMAP) à effectif réduit de 190, incorporant les personnels du Détachement Léger de Base aéroportée (DLBAP) dissous le 30 septembre 1963. Unité toutes armes, formant corps, appartenant à la 11ème DLI, elle comprend : - un État-major, - une Compagnie Administrative, unité administrative élémentaire groupant 1es services communs du Corps, un Centre d'Entraînement au Saut (CES), deux Sections d' Entretien et de Pliage des parachutes à personnel et à matériel (SEP). En outre, elle dispose pour emploi du Groupe de Livraison par Air N°3, revenu d'AFN et implanté sur la Base Aérienne de Toulouse-Francazal. Le 1 er mai 1964, la BOMAP voit son effectif porté à 310 par intégration des personnels du Détachement Aéroporté d'Algérie dissous le 30 avril 1964 Cette décision entraîne la modification organique de la BOMAP, qui comprend alors : - un État-major, - une Compagnie des Services réunissant les moyens automobiles, la Section Transmissions et le Groupe Administratif nécessaire au fonctionnement du Corps, - une Compagnie Technique réunissant une Section de Moniteurs-largueurs et un Centre de Pliage et d'Entretien des Parachutes. Le 1er janvier 1965, une Compagnie de Livraison par Air est intégrée à la BOMAP. Cette compagnie est mise sur pied par regroupement au sein d'une même unité des pelotons auto, pliage, arrimage et largage de la Compagnie Technique et des Services et de la Compagnie de Largage du Groupe de Livraison par Air n°3 dissous le 31 décembre 1964. La BOMAP comprend désormais trois unités élémentaires : - la Compagnie des Services à laquelle est rattaché l'État-major, - la Compagnie technique, - la Compagnie de Livraison par Air, qui devient ultérieurement Escadron de Livraison pas Air par changement d'appellation. Le 30.06.1997 à la dissolution du Régiment de Livraison par Air, la BOMAP recueille la majorité des cadres et parachutistes de son régiment frère.

Missions.

La BOMAP est chargée d'assurer en toutes circonstances (opérations, manœuvres, entraînement) l'appui à la projection et la mise à terre – en coopération avec le Transport Aérien Militaire, l'Aviation Légère de l'Armée de Terre et les compagnies civiles de toutes nationalités – - à partir de tous types d'aéronefs (avions, hélicoptères) militaires ou civils, - par tout type de procédé (aérolargage, aérotransport et/ou hélitransport d'assaut ou sur aérodromes équipés, aérocordage…), prioritairement des personnels et matériels des unités de la DP et de leur ravitaillements, secondairement des unités de la Force d'Action Rapide et de leurs ravitaillements, éventuellement en appoint du Régiment de Livraison par Air des ravitaillements du Corps de bataille. Elle arme des détachements de transit opérationnels dans les zones d'engagement des armées (Terre Air Mer) en actions extérieures. À la charnière des formations "Terre", spécialement aéroportées, et des moyens de transport "Air", elle joue un rôle prépondérant dans la préparation des actions de projection par la troisième dimension, d'où l'importance prise par son Bureau Opérations.

Cadre de vie et de travail.

De 1965 à 1980 la BOMAP mène ses activités dans des conditions difficiles d'installation matérielle. En effet, stationnée à sa création à Toulouse dans la caserne Niel qu'elle partage avec le 9 ème RCP, elle ne dispose d'aucune installation technique. En conséquence stockage, entretien et pliage des parachutes sont effectués dans les installations de l'École des Troupes Aéroportées de PAU. D'où la mise en place dans l'emprise de cette École de l'Antenne de PAU, fort d'un détachement de plieurs et largueurs. Cet éloignement de la portion centrale d'un élément important de l'unité est une contrainte permanente dans l'exécution des missions. Début 1964, la Compagnie de Livraison par Air, à sa création, demeure, pour son travail, dans les installations sommaires et provisoires réalisées sur le Camp Nord de la Base Aérienne 101 de TOULOUSE FRANCAZAL par le GLA 3 que la CLA a conservées à la dissolution. Au cours de cette année 1964, la construction de bâtiments techniques sur le Camp Nord de la BA 101, destinés au stockage, à l'entretien et au pliage de parachutes, permet le retour à la portion centrale des sections pliage, à l'exception d'un effectif réduit continuant à assurer les sauts à partir de la plate-forme de PAU. (Au cours des années le détachement de PAU se réduira progressivement à une antenne du Bureau opérations, quelques largueurs et une petite équipe de soutien pour finalement disparaître définitivement avec l'attrition des activités.) Dés lors, l'ensemble de la BOMAP, à l'exception de la petite antenne de PAU, va s'implanter sur le Camp Nord de la Base Aérienne, en améliorant et développant les installations provisoires créées par le GLA 3 et en occupant quelques bâtiments mis à sa disposition par la Base. Ainsi, pendant que se construit, à proximité des installations provisoires (qui auront duré près de vingt ans), son futur casernement, la BOMAP se partage entre le Camp Nord de la BA 101, lieu de travail où l'État-major a rejoint les unités et la caserne NIEL, lieu d'hébergement (chambres hommes du rang et cadres, magasins du corps, atelier auto 2 ème échelon…). Enfin, le 18 février 1980, elle emménage dans un casernement neuf qui constitue alors un cadre de vie et de travail fonctionnel et particulièrement agréable. À ce casernement la BOMAP a voulu donner le nom d'un parachutiste glorieux, ancien SAS des Forces Françaises Libres, mort en service aérien commandé au TOGO : le colonel Marcel EDME.

Activités.

Au cours des années, la BOMAP a démontré sa valeur opérationnelle et technique ainsi que sa réactivité et sa mobilité en participant, avec une compétence louée de tous et reconnue par le commandement, à la projection par voie aérienne des unités, des matériels et des ravitaillements sur tous les territoires d'engagement des forces françaises : KOLWESI, LIBAN, CENTRE-AFRIQUE, TCHAD, ex-YOUGOSLAVIE… Depuis 1978 elle a assuré la fonction "détachement logistique-transit aérien-livraison par air" pour toutes les interventions menées par les forces d'action extérieure ou dans le cadre de l'ONU. A ce titre elle a été présente en Europe, en Afrique, au Proche-Orient… où ses personnels ont accumulé les citations à titre personnel, pendant que l'Escadron de Livraison par Air recevait, le 24 juin 1985, une citation à l'ordre de la Division. Travaillant en étroite collaboration avec le Groupement "Aéroportés" de la Section Technique de l'Armée de Terre, elle est restée à la pointe du progrès, s'adaptant aux nouveaux matériels aéroportés, à tous les types d'aéronefs (y compris les aéronefs civils russes !) et aux nouvelles techniques ou procédures d'aérolargage ou d'aérotransport. Elle a participé à l'entraînement des équipages de l'Armée de l'Air formés au Centre d'Instruction des Équipages de Transport.

Le 1

er

Régiment du Train Parachutiste.

Le 1 er juillet 1999 la BOMAP devient, par changement d'appellation, le 1 er Régiment du Train Parachutiste.

Conclusion.

Héritier direct de la BOMAP et à ce titre des Bases Aéroportées d'Indochine et d'AFN, seule unité de LPA des forces, détenteur du patrimoine du RLA et de toutes les unités de LPA, le 1 er Régiment du Train Parachutiste s'est montré digne de ses devanciers dans tous les engagements où sa compétence l'appelle. Il a ainsi mérité l'estime de toutes les unités parachutistes, notamment de celles de la 11 ème Brigade Parachutiste à laquelle il appartient organiquement, et celle de ses frères de la Force Aérienne de Projection.
Amicale 1er Régiment du Train Parachutiste